Ses Vampires font un tabac en librairie et au cinéma... Voici sa seule interview française.
Sa tétralogie « Twilight » est un phénomène chez les jeunes tandis que le film vient de dépasser les 3 millions d’entrées. Voici sa seule interview française. Quand Stephenie Meyer se lance dans l’écriture de « Twilight », en juin 2003, elle n’imagine pas que son travail deviendra l’une des sagas les plus populaires de la décennie. Ses deux héros sont les Roméo et Juliette des temps modernes : Bella découvre qu’Edward est un vampire et fait tout pour se rapprocher de lui, jusqu’à l’impossible ! Malgré cette simplissime trame, les quatre tomes tiennent en haleine les jeunes filles du monde entier ! L’hystérie a fini par s’emparer de la France, où les ventes sont même plus élevées que celles de Harry Potter en son temps. Le film bat lui aussi tous les records. Aujourd’hui, Stephenie Meyer est devenue une véritable star, dont les apparitions sont de plus en plus rares.
Comment expliquez-vous le succès de “Twilight” ?
Il est de plus en plus mystérieux, mais c’est
bouleversant. Quand j’ai commencé à écrire, le thème des
vampires était un sujet un peu étrange. Je n’imaginais
donc pas le traiter sous forme romanesque. Puis j’ai été
happée par les personnages, par l’histoire. Je n’ai pas
pu m’arrêter de jouer avec eux, de les faire évoluer.
Quand j’ai réalisé que cela allait être publié, j’ai
envisagé une saga, avec quatre tomes. Entre-temps, les
gens s’étaient déjà emparés du premier épisode...
Comment vous est venu le personnage d’Edward Cullen ?
Edward est celui qui m’a poussée à écrire. C’était un
cadeau de mon inconscient ! J’ai fait un rêve, que j’ai
mis sur papier à mon réveil. Edward était dedans. Je
n’ai pas eu besoin de l’inventer, je le connaissais.
Cela a été plus difficile avec Bella, l’héroïne de la
saga. Il m’a fallu faire plus d’efforts pour la
comprendre et la définir.
Les histoires de vampires faisaient-elles partie de votre enfance ?
Pas du tout ! Mon modèle, ma passion depuis
l’adolescence, c’est Jane Austen. A l’époque, il n’y
avait pas Internet, il n’y avait pas de Game Boy. La
lecture était l’évasion parfaite. Je ne pensais pas
devenir écrivain.
Qui vous a donné le goût de l’écriture ?
Mes parents. Mon père nous lisait des histoires, le
soir. Il s’arrêtait toujours au moment où le suspense
était le plus intense. Cela m’a probablement marquée...
Je faisais semblant de m’endormir, puis j’allais
récupérer le livre afin de prolonger le plaisir. Et plus
le roman est gros, plus on a d’histoires à dévorer !
C’est comme ça que je suis devenue accro à la lecture.
J’enchaînais trois ou quatre bouquins par semaine. Puis
prendre le stylo est devenu naturel. Le plus grand
sacrifice de ma carrière, finalement, c’est que je ne
peux plus lire autant qu’avant.
D’où vient votre envie d’entrer dans l’univers fantastique ?
De Orson Scott Card. Ses romans fantastiques sont
tellement réalistes... Il écrit sur des choses qui ne
peuvent jamais arriver, il fait vivre des aliens mais
rend les situations crédibles. Ses personnages
réagissent de manière réaliste. On se dit que si tout
cela devait se produire, eh bien ça se passerait
exactement ainsi. Et c’était mon but avec “Twilight” :
installer un univers fantastique tout en le rendant
réel. Si j’en suis venue à raconter l’histoire d’un
vampire, c’est uniquement à cause du rêve dont je vous
parlais. Jusqu’alors, cela ne m’avait jamais effleurée.
Les adolescentes sont vraiment fascinées par “Twilight”...
Oui. Grâce à cette série, beaucoup d’adolescentes ont
franchi les portes d’une librairie et se sont mises à
lire. C’est la plus belle des récompenses...
Une suite est-elle possible ?
Je ne sais pas encore. Il reste des pistes à explorer,
les personnages peuvent encore évoluer. Je pense que
Bella a un bel avenir... Mais je ne travaille pas dessus
en ce moment. J’ai besoin de laisser mes vampires
tranquilles avant de m’y remettre. J’écris d’autres
histoires, j’ai d’autres idées. Et si j’ai envie de
retrouver Edward et Bella, j’irai les déranger !
Avez-vous encore le temps d’écrire ?
Non, car le film m’a beaucoup accaparée. Je n’étais pas
présente sur le tournage, mais j’ai été consultée sur
tous les choix artistiques, des acteurs jusqu’à
l’affiche, en passant par la musique. Quand j’ai
découvert Robert Pattinson en Edward, ce fut un instant
terrible pour moi. Il existait déjà dans ma tête, il
avait un visage, un sourire. J’étais forcément
sceptique. Mais quand je l’ai vu, j’ai été conquise
sur-le-champ. Je comprends très bien les passions qu’il
déclenche chez les filles... Robert Pattinson a réussi
un tour de force impressionnant. Il incarne le
personnage exactement comme je l’avais imaginé.
Que pensez-vous lorsque l’on vous compare à J.K. Rowling ?
On peut comparer un lac à un océan : ils sont tous les
deux remplis d’eau, mais ce n’est pas du tout la même
chose ! Je suis fan de ses livres. Même si les miens se
sont vendus d’une manière phénoménale, il n’y aura pas
de deuxième J.K. Rowling. Evidemment, je suis flattée
quand on m’en parle, mais ça ne me travaille pas plus
que ça.
Comment vivez-vous votre propre célébrité ?
Je ne sais pas trop quoi en penser. Je suis habituée à
vivre sans que l’on me reconnaisse. Quand on
m’interpelle dans la rue, cela me fait toujours un choc.
Les gens qui m’abordent sont tous très gentils. Beaucoup
de mères viennent me voir en me disant qu’elles ont lu
“Twilight” avec leur fille. Cela les a rapprochées. Je
trouve très excitant de pouvoir ouvrir ce genre de
portes.
Ça pourrait être la base d’un nouveau roman, d’ailleurs.
Non, je continuerai à évoluer dans l’univers
fantastique. J’ai besoin de rêver, d’imaginer. Je ne
suis pas sûre que le réel soit aussi passionnant.
